L’études des similarités qui existent entre le SN et le SV, surtout entre les noms et les verbes, ont conduit à des développements théoriques importants dans deux domaines : l’anaphore et la prédication multiple.
On a identifié l’existence d’une anaphore temporelle (McCawley 1975, Barbara Partee 1973, 1984) qui, à la différence de l’anaphore nominale (Jean est mon frère. Il est mon ainé) et verbale (Jean a consulté un médecin et tu devrais le faire aussi), ne suppose pas nécessairement une identité référentielle entre l’antécédent et sa reprise. Le temps de l’antécédent constitue seulement un repère pour la nouvelle prédication : Jean s’est levé (à t1) et il est allé à la fenêtre (à t2), où t2 est un intervalle temporel qui suit t1.
La seconde propriété concerne l’existence des prédications multiples, analogues au pluriel des noms (dénombrables). Le développement d’une logique de second ordre des formes plurielles dans une théorie axiomatisée des modèles (Schein 1993, Lasersohn 1995, Krifka 1992, 1998, Boolos 1998, Champollion 2014) permet une description linguistique plus rigoureuse des prédications multiples.
L’article examine trois classes de noms (collectifs, dénombrables et massifs), quatre rôles thématiques (agent, thème, temps, lieu) et leurs liens avec les prédications singulières ou multiples. L’occurrence d’un nom collectif, d’un nom massif ou d’un nom dénombrable au pluriel conduit à des prédicats multiples distributifs ou collectifs (Brutus et Cassius ont poignardé César dans le Forum – prédication multiple, deux coups de poignards), à moins qu’il ne s’agisse d’une lecture collective de l’agent, qui agit comme un groupe (Les trois hommes ont porté le piano à l’étage – une seule prédication, le déplacement d’un seul piano).