L’article examine le rôle complexe joué par les marqueurs discursifs du désaccord et de l’exaspération dans leur dimension interactionnelle prévue par le principe de coopération et les maximes conversationnelles de Grice (1975). Le cadre théorique crée par Grice a conduit à une théorie de la conversation basée sur l’harmonie et l’accord entre les participants au dialogue. Cette théorie laisse de côté toute une série d’échanges conversationnels non-coopératifs, comme l’interrogatoire où l’enquêteur et le suspect ont des buts contraires ou le dialogue polémique, de type argumentatif, par exemple celui des politiciens appartenant l’un au parti gouvernement et l’autre à l’opposition, surtout pendant les campagnes électorales.
Nous avons examiné les valeurs sémantiques et pragmatiques dans la conversation de marqueurs discursifs comme ça suffit comme ça, assez, arrêtez, tais–toi, zut, en français et leurs équivalents en roumain (destul ou ajunge « ça suffit », gata « arrête », las–o (moartă) « laisse ça », taci « tais-toi », încetează « arrête de le faire »).
L’étude des marqueurs de désaccord montre que le cadre théorique de Grice doit être élargi, car le principe de coopération est trop restrictif. L’idée que la contribution du locuteur à la conversation dans laquelle il est impliqué doit être ‘telle que le requiert l’objectif ou la direction de l’échange verbal’ devrait être complétée avec une proposition comme ‘si le locuteur l’accepte’. Les interlocuteurs ne violent pas le principe de coopération s’ils expriment explicitement leur désaccord. Ce manque d’accord est parfois justifié par la violation des maximes de conversation de Grice ou des règles de politesse.
Mots clé
cadre théorique de Grice, marqueur de désaccord, violation des maximes de conversation, explication du désaccord, le principe de coopération modifié